16/06/2007

Murena : chapitre sixième : le sang des bêtes : Auteurs : Dufaux – Delaby Edition : Dargaud

murenamurena2Deuxième tome du nouveau cycle de Murena, « le sang des bêtes » est un album charnière de cette saga. En effet, Lucius Murena va basculer dans le coté sombre. De héros, il va devenir un homme. Il va craquer et va tuer une femme, une simple esclave dit-il dénommée Arsilia. Cependant, Arsilia appartenait à Poppée, l’épouse de l’empereur. En la poignardant, Lucius Murena déclare la guerre à Néron et donc à Rome. Pour la première fois dans sa vie de patricien, Lucius Murena dissocie la ville de son tyran. Pire, il la quitte pour partir en Gaule. En compagnie du fidèle Balba qui croit avoir définitivement éliminé son pire ennemi, en la personne de Massam, et d’Evix qui, au sens propre comme au figuré, porte un masque, il n’a qu’une idée en tête, retrouver l’amour de sa vie : la belle Acté.

Jean Dufaux nous emmène visiter la Rome antique en nous faisant découvrir les mœurs de l’époque au travers les tréfonds de l’âme humaine. Amour, passion, soif de pouvoir ou de vengeance, libertinage sexuel, folie humaine sont autant d’ingrédients qui conditionnent les différents acteurs en place. La situation a-t-elle réellement tant changé de nos jours ? Les intrigues actuelles sont-elles vraiment moins sordides qu’à cette époque ? Les dictateurs modernes sont-ils réellement moins cruels qu’au temps de la Rome de Néron ? Force est de reconnaître que l’homme reste toujours un loup pour l’homme, d’une cruauté qui n’a aucun égal dans toute la création !

Dufaux est un des plus grands scénaristes de BD de tous les temps. C’est un maître en la matière, mettant chaque fois en scène les turpitudes des hommes et des femmes de tous les temps. Cela ne l’empêche pas de vouloir être didactique et de partager ses connaissances. Quant à Delaby, son dessin est admiré de tous et sert admirablement cette époque torturée de cette Rome antique. Un coup de chapeau également à Jérémy Petiqueux pour ses couleurs qui confèrent à l’album une impression de chaleur. (Jean)