17/03/2008

Delta : T1 : L’anse aux crânes : Auteurs : Fonteneau Simonacci & Ricci Edition : Les humanoïdes associés

deltadelta2C’est au cœur du XVIIe siècle, quelque part dans le delta du fleuve de l'Orénoque. Que Gabriel Boissy d'Aigremont croupit depuis plusieurs jours dans un tonneau, à moitié immergé dans les eaux grouillantes de vermine. Il est séquestré par une bande de pirates qui espèrent bien en tirer une rançon importante auprès de son marquis de père. Lina, une jeune esclave indienne, va profiter de l’arrivée des herbes rouges et de la force du jaguar de son grand-père pour délivrer le nobliau français. Le reste ne sera que la rencontre entre la préciosité de l’aristocratie française du moment et les forces magiques du delta.

Amusant, bien dessiné et bien mis en page, bien servi par un scénario original qui donne furieusement envie de connaître la suite, ce premier tome est une réussite et laisse augurer de bonnes choses pour les prochains tomes. (Jean)

20:06 Écrit par Jean dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : orenoque, pirates, magie, indiens, rancon |  Facebook |

26/09/2007

La montagne magique : Auteurs : Jirô Taniguchi / Edition : Casterman

la montagne magiquela montagne magique2Ken’ichi, 11 ans, orphelin déjà de père, est très inquiet et angoissé. Pourtant, il passe l’été dans cette petite ville provinciale de Tottori, en compagnie de sa petite sœur et de ses grands-parents. Il a peur pour sa maman, celle-ci vient d’être emmenée à l’hôpital pour une grave maladie. Sachant à peine supporter l’anxiété générée par la situation maternelle, il passe ses journées à se balader dans les ruines du château perché sur la montagne de Tottori.

Les adultes racontent bien des choses sur les souterrains qui parcourent cette montagne, des choses mystérieuses et à la fois inquiétantes et effrayantes. Pourtant, au décours d’une de ces ballades, déambulant dans les allées d’un musée local, il va rentrer en contact par télépathie avec une grande salamandre. Celle-ci lui annonce qu’elle est emprisonnée depuis dix ans et qu’elle est folle de joie d’avoir trouvé le cœur pur capable de pouvoir communiquer avec elle, et surtout capable de pouvoir lui redonner la liberté.
Cette salamandre va alors établir un pacte avec l’enfant, lui promettant d’échanger sa liberté contre la réalisation de n’importe lequel de ses vœux.Malgré la peur générée par toute cette situation, Ken’ichi va se lancer dans l’aventure car bien entendu son vœu c’est de sauver et de guérir sa maman.

Il est de nos jours extrêmement difficile de réaliser une bande dessinée, sans sexe, sans violence, sans corruption et sans futur apocalyptique. Pourtant, toute l’œuvre de Taniguchi repose sur la sensibilité et l’humanisme.

L’enfance sert très souvent de miroir au monde de l’adulte, avec un mélange subtil de surnaturel et d’introspection personnelle, le tout aboutissant à des histoires à la fois mélancoliques et pleine d’espoir.

On ressent un sentiment de bien être après avoir lu une bande dessinée de Taniguchi, une sorte d’apaisement intérieur, même si certaines histoires poussent le lecteur à une réflexion extrêmement personnelle.
Bien que réputé comme étant un des auteurs de Manga, Taniguchi est probablement l’auteur qui dévoile le plus ses influences européennes tant dans le dessin que dans le film narratif. Des influences comme Moebius, Bilal, Crespin, et j’ajouterais peut être Leo se ressentent tout au long de ses albums.

Je vous recommande de lire avec intérêt l’interview du maître par Stéphane et Muriel Barbery, réalisé à Tokyo en avril 2007, que vous trouverez à la fin de l’album. Cette interview nous fait mieux comprendre la profondeur du personnage et explique peut être pourquoi on se sent bien quand on tourne la dernière page d’un album de Taniguchi.

En résumé, vous avez bien de la chance de ne pas encore avoir lu cet album, quant à moi, j’attends avec impatience la prochaine production du maître en la matière.(Jean)

07:48 Écrit par Jean dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : japon, salamandre, montagne, magie |  Facebook |

28/05/2007

Isabelle : Intégrale Tome 1 : Auteurs : Will, Franqui, Delporte, Macherot Editions : LE LOMBARD

isabelleisabelle2Rien qu’à regarder les auteurs de cette série, il y a de quoi être très impressionné. Que du très beau monde ! En fait, cette série n’a pu exister qu’au travers des amitiés indéfectibles qui liaient les quatre auteurs. Ils se connaissaient tous très bien, s’appréciaient énormément et surtout reconnaissaient le talent des uns et des autres. On connaît tous le coté tendre et poétique de Raymond Macherot, son amour pour le coté féerique et magique, on apprécie l’humour et l’esprit bouillonnant de l’espiègle Yvan Delporte, on est séduit par l’intensité de l’approche psychologique de Franquin et on se reconnaît tous dans le dessin rond et précis de Will.

J’ai eu la chance de rencontrer et de passer de longues heures avec ces 4 grandissimes de la bande dessinée franco-belge. Le premier qualificatif qui me vient à l’esprit et qui est commun aux quatre personnages, c’est « gentil » mais dans le bon sens du terme. Une profonde gentillesse doublée d’une générosité et d’une envie de faire rêver les gens et surtout les enfants qu’ils adoraient et respectaient tous les 4.
Seul Raymond Macherot est encore parmi nous, les 3 autres se sont retrouvés là-haut et je gage qu’ils doivent encore bien s’amuser !

L’intégrale d’Isabelle est prévue en trois tomes, richement illustrée de dessins inédits et de commentaires très intéressants.
Bon voyage dans ce monde de magie et de poésie !(Jean)

12:06 Écrit par Jean dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : macherot, franquin, will, delporte, magie, fees |  Facebook |

La Forêt : Auteurs : Vincent Perez & Tiburce Oger / Edition : Casterman

foretforet2« Il était une fois, non loin des côtes bretonnes, un petit bébé, qu’un druide avait déposé devant la porte du couvent de Saint-Dénoué.... »

Magie, illusions, sortilèges, transformations, sorcières, fantastique, tous les ingrédients d’une rêverie celtique au fin fond d’une Bretagne secrète et mystérieuse sont réunis dans ce conte de 88 pages.

Il ne faut pas en dire plus car il faut laisser la magie opérer au fil de la lecture. Moi qui suis d’habitude très critique sur les scénarii de personnes dont ce n’est pas le métier d’en proposer, j’avoue devoir mettre chapeau bas devant monsieur Vincent Perez qui nous montre ici, qu’il sait être autre chose qu’un grand acteur de cinéma. On sent qu’il s’est fait plaisir et cela en devient contagieux.

Il y a beaucoup à dire sur le graphisme de Tiburce Oger. Son dessin est flamboyant, éxubérant. On a constamment l’impression qu’il va déborder des cases et des planches pour se répandre dans votre maison. Visiblement amoureux des plans obliques, ce qui le rapproche d’un Foester et des grandes pages où foisonnent moult détails, Tiburce est extrêmement talentueux. Néanmoins je me suis demandé très souvent en parcourant l’album, si celui ci n’aurait pas été encore mieux simplement en noir et blanc. Je crois sincèrement que Tiburce a le talent graphique pour résister à l’épreuve du noir et blanc grand format.. Ne serait-ce pas une bonne idée pour un tirage spécial?

A lire en se laissant plonger dans la magie du récit et en ayant le temps d’apprécier non seulement l’histoire mais également la finesse du dessin.(Jean)

28/01/2007

Zarla : T1 : Guerrière impitoyable Auteurs : Guilhem & Janssens Edition : DUPUIS

zarla1zarla2Zarla est la fille de deux redoutables chasseurs de dragons mystérieusement disparus. Cette adorable gamine tient à se montrer digne de ses valeureux parents et se lance dans toutes sortes de défis.
Elle ne sait pas que c'est son vieux chien Hydromel qui combat à sa place. Elle ignore sa face cachée de bull-guerrier - mi-chien, mi-guerrier - doué d'une force et d'une science des armes prodigieuses. De plus, il suffit à Hydromel de masquer la vue de sa maîtresse pour qu'elle déduise que la "colère l'aveugle" et qu'elle est prise d'une furie meurtrière dont elle ne fait que constater les dégâts.
Croyant rencontrer de nombreux succès, Zarla fait preuve d'une témérité toujours plus grande, forçant Hydromel à accomplir des prouesses pour la sauver à son insu. Elle ne sait pas non plus que l'amulette qu'elle porte autour du cou lui garantit la fidélité discrète et indéfectible de son chien. Malheur à elle si elle la perdait. Car elle se retrouverait seule, face aux dragons, monstres et créatures inquiétantes du "vieux peuple"...

Voilà de l’ »Héroic Fantasy » sympa et amusant à la fois ! J’ai vraiment beaucoup aimé cet album. Tout d’abord parce que les dessins de Guilhen sont chouettes, que la petite Zarla est mignonne à souhait et que sa naïveté la rend encore plus craquante. Ensuite parce que l’idée de base est géniale et que tous les ingrédients pour faire rêver les enfants sont réunis : la magie, les dragons, les ogres, une géante, les gentils, les méchants et un super copain chien. Je suis certain que cette série va devenir incontournable pour nos jeunes têtes blondes.

Mention encore une fois très bien pour les éditions Dupuis pour l’originalité de la couverture. C’est super ! (Jean Evrard)

19:22 Écrit par Jean dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ogre, magie, heroic fantasy, dragons, geante |  Facebook |

Elias le maudit T1 : Le jeu des corps célestes et T2 : La peste rousse Auteurs : Mastantuono & Corgiat Edition : LES HUMANOIDES ASSOCIES

Elias1elias2elias3Dès son plus jeune âge, le roi Elias était connu sous le sobriquet de « conquérant ». Sa cruauté et sa soif de pouvoir était légendaire. Son ambition sans limite de dominer le monde l’entraînait dans des combats sanglants envers des magiciens ou des sorciers. Il semblait à la recherche non pas uniquement de richesses, mais également, et surtout, d’armes ou de charmes puissants. Il menait ses campagnes en faisant parfois fi d’énormes pertes au sein même de ses armées.

Jusqu’au jour de la rencontre et de l’affrontement avec le puissant sorcier Melchior ! Elias perdra ce combat mais il perdra beaucoup plus que ce qu’il imaginait. Il va perdre la face, au sens propre comme au sens figuré et sera condamné à un exil anonyme. Il n’aura de cesse par la suite de retrouver Melchior afin de retrouver son identité. Chemin faisant il rencontrera Evangele et la peste rousse mais rien ne l’empêchera de progresser dans sa mission.

Sorte d’adaptation médiévale du film « Volte Face » avec Travolta, Mastantuono et Corgiat nous livre là une série séduisante. Tout d’abord, le dessin est beau avec de très belles mises en page. J’avoue ne pas trop aimer les plans inclinés, obliques de certaines cases mais dans l’ensemble, on obtient un graphique dense et juste.

Les cartes qui procurent des pouvoirs surnaturels à son propriétaire, la quête du pouvoir absolu, la cruauté des personnages et du monde dans lequel ils évoluent contribuent à donner du corps au scénario et permettra, dans le futur, tous les développements possibles.

Bref, c’est du bon « Héroic Fantasy » qui sera apprécié à sa juste valeur par les amoureux du genre ! (Jean Evrard)

27/01/2007

Zowie : T1 : Aux portes de Magisterra: Auteurs : Bosse & Darasse /Edition : DARGAUD

zoxiezowie2Dans l’ancienne bibliothèque d’un établissement pour enfants récalcitrants, Zowie met la main sur un livre intitulé « Aux portes de Magisterra ». Ce livre révèle l’existence d’un lieu hors de l’espace et du temps où vivent des créatures magiques auwquelles les hommes ont cessé de croire. Zowie va se rendre compte que son simple nom lui ouvre le passage entre les deux univers et qu’il est donc bien un élu ! La porte pour rentrer dans le livre lui est donc ouverte, pour rentrer dans le livre mais aussi pour débouler dans le monde de Magisterra et ses bien étranges habitants !

Serena William vient de remporter les internationaux de tennis d’Australie. C’est ce qu’on appelle un beau come-back ! Et bien il n’y a pas qu’au tennis qu’on peut assister à de très beaux come-back. J’en veux pour preuve la sortie de ce premier tome de Zowie paru chez Dargaud.

Tout a recommencé, lors d’un enterrement d’une amie de Christian Darasse, à la suite d’une conversation entre Yves Schlirf et Christian. L’idée de relancer la série était née. Comme un vieux groupe de rock qui se reforme, Darasse en a parlé à son « bassiste-scénariste-crayonniste » Bosse (scénariste aussi de Kogaratsu) qui a été d’emblé enthousiaste.

Il est vrai que ceci représentait un peu une revanche sur le passé car les circonstances d’arrêt de la série dans les années 80 avaient été mal acceptées par les intéressés. Un petit rappel s’impose.

En 1983, la Warner sort un film réalisé par Wolfgang Petersen : « Une histoire sans fin ». Ce film mettait en scène un enfant qui grâce à un livre, rentrait dans l’histoire en elle-même, s’identifiant à un des personnages du livre. Après enquête, les éditions Dupuis ont eu l’information que ce film était une adaptation d’un roman allemand écrit par Michael Ende. De peur d’être accusé de plagiat et se sentant trop faible que pour affronter la Warner, Dupuis a poussé nos dessinateurs et scénaristes de laisser tomber le concept du livre magique et par la même, l’essence même de la série, son âme ! La série Zowie de 1983 s’arrêta donc là ! Tristesse et déception !
Le coté dramatique de la chose c’est que, bien des années plus tard, Darasse et Bosse ont eu l’information que la parution du premier tome de Zowie était antérieure de plus ou moins un an et demi au fameux livre de Michael Ende. Quel gâchis ! Dupuis avait-il réellement tout fait pour soutenir leurs auteurs ?

Toujours est-il que la nouvelle série se doit maintenant de faire attention de ne pas plagier le fameux livre. C’est pourquoi Bosse va plus axer les thèmes du jour sur l’opposition entre le réel et l’imaginaire. Benoit Bekaert, coloriste de la série Tamara, va aussi être appelé à rejoindre l’équipe.
Les deux premiers tomes vont servir à réellement installer la série afin de permettre d’avoir des bases solides pour se lancer dans une vraie saga ! Longue vie à Zowie et à son monde imaginaire.

Et pour tout vous dire, le retour de Séréna William, à coté, c’est de la gnognotte !(Jean Evrard)