17/03/2008

La porte du ciel : Auteurs : Sicomoro & Makyo Edition : Dupuis (Aire Libre)

porteporte2Manu, Julie et Anna sont trois adolescentes qui pour marquer le coup en réaction à la violence familiale et l’anonymat urbain indifférent, ne trouvent rien de mieux que de fuguer ensemble. Elles ont déjà en commun une ou l’autre tentative de suicide qui fait qu’on les surnomme les japonaises. Manu propose alors de se cacher dans une maison forestière, ancienne propriété de son grand-père. La région regorgeait à l’époque de menhirs dont il ne reste plus que trois exemplaires caractérisés par un signe sculpté représentant « une porte au ciel » c'est-à-dire une possibilité de communiquer avec les morts. Or, une de ces trois menhirs se trouve dans la cave même de la maison.
Au détour d’une ballade, Julie va faire connaissance d’un voisin artiste peintre, qui, inlassablement peint chaque année le portrait de sa fille disparue huit années auparavant, en prenant soin de la vieillir au fil des années. La ressemblance avec Julie est pour le moins troublante.
Le grand jeu de cache-cache avec les gendarmes a commencé !

Attention, chef d’œuvre en cours !

Prévu en deux volumes, Makyo signe ici une trame narrative très riche. Il définit lui-même trois axes de force dans ce récit. Le premier est basé sur la douleur générée par la disparition d’un enfant, le deuxième par le monde de l’adolescence et le sens de la fugue et le troisième sur une méditation sur la vieillesse et la mort. Réalité et imaginaire vont s’entrecroiser pour définir une autre réalité. Pour reprendre Makyo lui-même : « Le récit fantastique apparaît alors, peut-être, comme un antidote possible au désenchantement secrété par l’inopérativité de la pensée rationnelle pour comprendre et intégrer l’apparente disparition du vivant. »

Quant au talent graphique de Sicomoro, il nous laisse sans voix avec un dessin hyperréaliste aux couleurs directes, mêlant la douceur et le velouté de l’aquarelle aux traits sensuels et sensibles du crayonné.

Vivement le tome 2 (Jean)