13/11/2007

L’envolée sauvage : Tome 2 : Auteurs : Galandon & Monin Edition : Bamboo

envoléeenvolée2France 1941, l’empire allemand chasse le juif dans tous les villages, forçant ceux-ci à fuir et à se cacher. Simon, jeune orphelin fait partie de ceux-là. Son amour pour les oiseaux et sa fuite en avant va l’amener à élire domicile dans une grange habitée par des pigeons. Ce n’est qu’au petit matin qu’il va faire la connaissance d’Auguste, véritable colosse simple d’esprit et de sa mère, femme aveugle, qui va accepter d’héberger Simon en échange de menus services.
Auguste ne se rend pas compte de la valeur de l’étoile jaune qu’il vient d’échanger contre la longue vue. C’est fier comme Artaban qu’il va descendre au village arborant avec inconscience l’étoile jaune de Simon.Les représailles ne vont pas tarder et c’est dans ce contexte que Simon va rentrer en contact avec des résistants.
Sa connaissance des oiseaux et en particulier des pigeons voyageurs va aider grandement ceux-ci. Malheureusement, les miliciens collaborateurs vont très rapidement remettre la main sur lui et le faire monter dans ce train de déportation dont on sait, de nos jours, qu’il n’avait qu’une destination : l’enfer. Encore une fois, ce sont les oiseaux qui vont lui permettre de survivre dans l’univers impitoyable de ces camps de concentration.

Ce deuxième tome termine donc l’histoire poétique et dramatique de Simon, racontée par Galendon et illustrée avec talent par Arnaud Monin.La réalité dramatique de cette France tiraillée par la deuxième guerre mondiale est particulièrement bien dépeinte tant dans le scénario que dans le traitement graphique.

On y retrouve un savant mélange entre l’insouciance de l’enfance, certaines touches de poésie mais également la bêtise des hommes et leur cruauté.Cette histoire est définitivement belle même si elle est cruelle.

Je continuerai toujours de soutenir les auteurs qui permettront par leurs histoires de ne pas laisser l’oubli et la banalisation s’insinuer dans les mémoires des hommes.(Jean)

28/10/2007

Pietrolino : Auteurs : Jodorowsky & Boiscommun /Edition : Les Humanoïdes associés

pietrolinopietrolino2Le bras levé comme souvent face à l’injustice et à la tyrannie, Pietrolino est de ceux qui tente d’égayer un peu les âmes meurtries dans ce grand Paris sous l’occupation Nazi ! Il est suivi et parfois aidé en cela par Simio, son partenaire au physique pour le moins ingrat et la belle Colombella qui par contre, n’hésite pas à donner de sa personne pour obtenir ce qu’elle veut.
Comme par enchantement et sans qu’un seul son ne sorte de sa bouche, il va faire découvrir les portes de l’illusion à quelques clients d’un banal troquet parisien.
Mais le bouquet final du spectacle, c’est avec ses deux mains qu’il va le distiller, faisant fi du danger omniprésent. Sa main droite habillée d’un gant décorée d’une croix gammée va finir par perdre face à sa main gauche de bleu-blanc-rouge gantée.
Le triomphe de la salle va rapidement laisser la place à un applaudissement beaucoup plus lugubre. En effet, une troupe de Nazis viennent de rentrer dans le café et vont punir le mime par la pire des punitions à savoir l’écrasement des mains de l’artiste sous la botte de l’officier allemand. La trahison est dans le chef de Colombella qui oublie tout scrupule à la vue d’une liasse de beaux billets.
Simio et Pietrolino vont se retrouver dans un camp de travail forcé où la félonie de Colombella éclatera au grand jour. Heureusement, bientôt ce fut la libération marquant le retour de Pietrolino à Paris mais avec le statut d’infirme bien misérable.
Puis il va la voir, tout en douceur et mime talentueuse également, la petite Alma va s’associer à nos deux comparses pour monter un petit cirque ambulant où les spectateurs riront de bon cœur. Tout ce petit monde reprenait goût à la vie jusqu’au jour où un grand cirque s’installa juste à coté d’eux.

Saviez vous que Alejandro Jodorowsky avait été mime aux cotés de Marcel Marceau et que c’est de là qu’est née cette histoire tout en finesse et en poésie, à la demande d’ailleurs du plus célèbre mime de toute l’histoire. Jodo l’avait confiée à Bruno Lecigne, éditeur aux humanoïdes Associés, qui à force de l’avoir bien rangé l’avait presque perdue. Il ne restait qu’au talent d’Olivier Boiscommun d’habiller ce récit et de lui donner l’épaisseur qu’il méritait. En utilisant les traits du mime Marceau, la boucle a été bouclée et la magie et l’illusion pouvaient se perpétuer.

Le rouge est omniprésent dans l’album, rouge comme le sang mais aussi comme le nez rouge des clowns ! (Jean)