19/08/2007

Le Feul : T1 : Valnes et T2 : Les Brohms auteurs : Gaudin & Peynet Edition Soleil

Le feul 1

Jautry pleure la mort de son frère Kaury. Lui aussi est mort du Feul, cette maladie qui sévit de plus en plus au sein de la tribu des Oldis. Cependant, la découverte dans les filets de pêche du corps d’un des hommes de la tribu voisine des Bourouwn constitue une coïncidence pour le moins troublante.

Une fois certains malentendus dispersés, les deux tribus, se rendent compte qu’ils sont concernés identiquement à cette terrible maladie. C’est pourquoi les deux communautés, aux mœurs pourtant très différentes, vont se mettre en route pour rencontrer les Albinths qui vivent en amont de la rivière.

En effet, l’hypothèse que l’eau de la rivière soit le vecteur principal du fléau semble la plus probable. Chemin faisant, ils devront apprendre à se respecter et surtout à tolérer les coutumes de chacun. Le voyage va être éprouvant tant par la nature parfois hostile qu’ils vont devoir traverser que par les rencontres inopinées avec certains membres de la tribu des Brohms dont la cruauté et la barbarie sont légendaires. 

Ils atteindront le territoire des Albinths pour constater qu’ils sont également décimés par la maladie mais aussi que leurs mœurs sont extrêmement difficiles à accepter.

le feul 2

Valnes, de la tribu des Oldis, n’arrive pas à composer avec les coutumes des Albinths et elle ne décolère pas depuis leur remise en route dans leur quête à trouver l’origine du mal.

En chemin, ils vont assister à la mise à sac d’un village de Baudhels par une petite troupe de Brohms. Les Oldis sont incapables de rester simples spectateurs de ce massacre programmé et vont donc s’engager dans un combat farouche avec les terribles Brohms. Ils auront à subir les conséquences de leurs actes.

Cependant Jautry et le hasard vont permettre à notre équipée de rencontrer une communauté constituée de personnes porteuses d’handicaps divers qui vont bien confirmer que la maladie est bien dans le fleuve. Ils pensent que l’origine du mal est l’utilisation de plantes extrêmement toxiques par la tribu des Soryos pour nettoyer des pierres précieuses issues de leurs mines. Le liquide de rinçage est ensuite déversé dans le fleuve sans se soucier des conséquences terribles que l’on connaît. Mais l’arrivée des Brohms va perturber la progression de la troupe.

 

Très chouette scénario et belle progression dans l’énigme. Ce qui est également très amusant c’est la définition de chaque communauté avec son lot de coutumes et mœurs parfois étranges. L’apprentissage de la tolérance et du respect des uns pour les autres constitue également le fil rouge de ces albums.

Le dessin de Peynet est magnifique et flamboyant. La précision dans les traits, l’inventivité dans les personnages et créatures et les couleurs très soignées font de ces albums de véritables moments de bonheur au niveau graphique. Assurément une très belle et bonne série à suivre ! (Jean)

11:38 Écrit par Jean dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Double gauche : T2 Ivanna : auteurs : Corbeyran & Formosa Edition Dargaud

double gauche T2

Dustin se rend compte à quel point Mimsy est importante pour lui. Elle est en fait l’être qui lui est le plus cher au monde. Pourtant leur dernière entrevue n’a pas réellement été ce qu’on aurait attendu de deux êtres qui s’aiment et se respectent. Dustin va charger Armand, son homme à tout faire de se mettre en chasse de Mimsy et de la retrouver coûte que coûte. Mais au fond, qui est cet Armand ? Il fut la personne qui l’a aidé après la période Ivanna Troika, cette femme d’affaire redoutable qui en libérant les pulsions sexuelles de Dustin lui a permis d’acquérir le pouvoir de changer les objets qu’il touchait en or pur. C’est en voulant se libérer de l’emprise de plus en plus étouffante d’Ivanna qu’il fut remarqué par Bill Bringman, propriétaire d’une petite salle de boxe pas loin des docks et qu’il rencontra Armand qui allait devenir son conseiller et son sparring partner. Quoi de plus ironique que de devenir champion du monde de boxe grâce à un terrible crochet droit dévastateur quand on a le surnom de « Double Gauche ». Mais tout cela ne lui ramène pas encore Mimsy !

 

Cet album n’a pour but que de mieux planter le décor et de comprendre le parcours pour le moins tourmenté de Dustin et de son anomalie anatomique particulière. L’histoire est sympa mais je regrette toujours un peu le coté excessif de l’environnement de monstres qui entoure l’enfance de Dustin. Le dessin rend très bien la tourmente et la haine qui habite le cœur de Dustin ce qui ouvre les portes à tous les excès pour les albums suivants.(Jean)

11:22 Écrit par Jean dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Docteur Bonheur : T1 : auteurs : Clarke & Turk Edition : Le lombard


docteur

Mais quelle bonne idée de réunir ces deux là ! L’esprit bouillonnant et plein d’humour de Monsieur Clark et la patte assurée et super expressive de Turk ! Tout cela au service d’un S.O.S. docteur farfelu aux méthodes pour le moins originales mais assez radicales. Il y a un petit coté adulte à l’humour pratiqué comme on le rencontre à chaque divagation Clarkienne.

 

Mais le coup de génie, c’est assurément Audrey, le personnage de l’infirmière de choc qui assiste le bon docteur. Son coté bimbo, ses formes plantureuses, sa susceptibilité à fleur de peau, ses compétences physiques surprenantes et surtout son absence de tête dans le dessin en font d’elle un second rôle puissant et délicieux à la fois. Bien sûr, le principe n’est pas très nouveau. J’en veux pour preuve la coccinelle de Gotlib, spip l’écureuil de Spirou, Milou et Tintin, l’assistant de Léonard, etc. Mais celui-ci est original et particulièrement drôle !

 

Néanmoins, j’ai une question à Turk ! Pourrais tu réellement me dessiner une vrai pin-up sexy, toi qui a toujours évolué dans un monde d’homme……hormis Dame Cunégonde, évidemment ! (Jean)

11:10 Écrit par Jean dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

23/06/2007

Long John Silver : T1 : Lady Vivian Hastings Auteurs : Xavier Dorison & Mathieu Lauffray Edition : Dargaud

long john1long john2A la fin du roman « l’île au trésor », R.L.Stevenson signale avoir perdu la trace de Silver, ce formidable marin à la jambe de bois. Il fallait donc une suite ayant pour héros ce fameux Long John Silver. C’est bien de cela que va nous entretenir cette nouvelle série du duo de choc Dorison et Lauffray.

Tout commence en 1785, aux confins du fleuve Amazone, Lord Byron Hastings, harassé et épuisé, va enfin découvrir la cité de Guyanacapac dont les richesses dépassent tout entendement. A l’autre bout du monde, son épouse volage, Lady Vivian Hastings, mène une vie pour le moins légère, prétextant que, depuis le temps, son tendre époux a du passer de vie à trépas. Son ventre légèrement rebondi atteste de ses égarements libidineux.
Jusqu’au jour où Edward, le propre frère de Byron déboule en compagnie de l’indien Moxtechica dans la demeure des Hastings. Il se présente comme mandataire plénipotentiaire de Lord Byron Hastings avec la mission précise de réunir 100.000 livres en vendant tous ses biens : meubles, titres, terres et manoir. Vivian, quant à elle, sera confiée au couvent Saint-William. Mais c’est sans compter sur le caractère fort de la dame qui n’a pas du tout envie de se voir dépouillée de l’or de la cité indienne. Elle va donc s’imposer sur le navire de l’aventure et également à son équipage mais non sans l’aide d’un fameux marin à la jambe de bois, prêt à tout pour de l’or.
Silver va composer un équipage à sa mode et quoique taraudé par les fièvres d’une vilaine malaria, il permettra au Neptune de fendre les flots à la conquête de l’or de Guyanacapac.

Assurément, l’album du mois. Un dessin brillantissime de Lauffray, une palette de couleurs majestueuse et un scénario qui donne envie, que demander de mieux ? On a hâte de connaître la suite de cette épopée qui s’annonce comme palpitante. (Jean)

22/06/2007

Le camp-volant : Auteurs : René Hausman Edition : DUPUIS

camp volant1camp volant2Tout commence avec les noces improbables de Firmin Pissecrosse avec la Ghislaine. Tout cela sent la poussière et la ruralité bestiale. Le camp-volant, lui, se plait au milieu des ces gens et de leurs mœurs un peu brut de décoffrage.
Il connaît les secrets de la nature et devient le guérisseur des plaies mais aussi des âmes.
Ghislaine va accoucher de son premier fils et va être heureusement aidée par Philomène, qui jouera un peu les sages-femmes. Ghislaine aimera se réfugier au pied de « son » arbre avec son petit dans les bras jusqu’au jour, ou plutôt jusqu’à cette nuit où « ils » vinrent échanger l’héritier des Pissecrosse contre un petit vilain venu de l’autre monde. Ghislaine va s’enfuir avec son nouveau petit mais de désespoir, se jeta dans le vide du haut de « son » arbre. Heureusement Philomène va toujours être sera encore là pour subvenir au petit vilain. Le camp-volant lui continue à aider les paysans grâce à sa connaissance des bois, de ses animaux et de la nature. Marginal, benêt, sorcier, fou, rêveur, envoûté ; peut être mais étrange et profondément gentil et bon, sûrement.

Pas très loin du circuit de Francorchamps, dans une maison enchâssée dans la campagne brumeuse d’un matin froid d’hiver blanc, la pièce était grande et entièrement dominée par un fouillis indescriptible de pinceaux, de crayons, de toiles, de tubes de couleur et de revues en tout genre.
La double fenêtre était grande ouverte, donnant sur un petit balcon duquel on pouvait plonger dans le vert des épines des sapins environnants. L’air était froid au point de pouvoir voir notre respiration.
Pourtant, il évoluait sans gêne au milieu de ce décor, vêtu d’un pantalon sans forme et d’un gros pull gris-brun sur lequel il avait enfilé un gilet foncé dépassant à peine de la cascade de poils qui déferlaient de son menton. Tout n’était que rondeur et sourire et quand sa main droite avala la mienne en me disant bonjour, j’ai tout de suite eu beaucoup plus chaud de l’intérieur.

C’est ainsi que j’ai rencontré René Hausman pour la première fois. C’est dans son atelier d’artiste peintre et d’illustrateur magique, qu’il m’a appris comment frotter une pomme de terre coupée en deux afin de donner un lustre particulier au tableau qu’il venait de peindre.

René Hausman est un immense artiste mais il est également la gentillesse faite homme. C’est un amoureux de sa région et de ses légendes, un vrai titulaire de la mémoire des arbres et de la terre. Il partage en cela cette passion avec un autre vrai de vrai qu’est Jean-Claude Servais mais pour une autre contrée.
On ne peut pas rester indifférent au dessin d’Hausman. On aime ou on n’aime pas. La plus grande difficulté réside probablement dans le graphisme des visages et leurs proportions par rapport au reste du corps. Ainsi le dessin de la petite fille montre une tête qui a les mêmes proportions que l’ensemble de son corps. Qui plus est, tous les visages sont assez « gargouille » et il lui est très difficile de dessiner un visage harmonieux et séduisant.
Néanmoins, je reste un adepte farouche du talent de ce génie trop méconnu à mon goût. (Jean)

07:35 Écrit par Jean dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : foret, verviers, ardennes, refuge, calvo, rabier, elfes |  Facebook |

16/06/2007

Murena : chapitre sixième : le sang des bêtes : Auteurs : Dufaux – Delaby Edition : Dargaud

murenamurena2Deuxième tome du nouveau cycle de Murena, « le sang des bêtes » est un album charnière de cette saga. En effet, Lucius Murena va basculer dans le coté sombre. De héros, il va devenir un homme. Il va craquer et va tuer une femme, une simple esclave dit-il dénommée Arsilia. Cependant, Arsilia appartenait à Poppée, l’épouse de l’empereur. En la poignardant, Lucius Murena déclare la guerre à Néron et donc à Rome. Pour la première fois dans sa vie de patricien, Lucius Murena dissocie la ville de son tyran. Pire, il la quitte pour partir en Gaule. En compagnie du fidèle Balba qui croit avoir définitivement éliminé son pire ennemi, en la personne de Massam, et d’Evix qui, au sens propre comme au figuré, porte un masque, il n’a qu’une idée en tête, retrouver l’amour de sa vie : la belle Acté.

Jean Dufaux nous emmène visiter la Rome antique en nous faisant découvrir les mœurs de l’époque au travers les tréfonds de l’âme humaine. Amour, passion, soif de pouvoir ou de vengeance, libertinage sexuel, folie humaine sont autant d’ingrédients qui conditionnent les différents acteurs en place. La situation a-t-elle réellement tant changé de nos jours ? Les intrigues actuelles sont-elles vraiment moins sordides qu’à cette époque ? Les dictateurs modernes sont-ils réellement moins cruels qu’au temps de la Rome de Néron ? Force est de reconnaître que l’homme reste toujours un loup pour l’homme, d’une cruauté qui n’a aucun égal dans toute la création !

Dufaux est un des plus grands scénaristes de BD de tous les temps. C’est un maître en la matière, mettant chaque fois en scène les turpitudes des hommes et des femmes de tous les temps. Cela ne l’empêche pas de vouloir être didactique et de partager ses connaissances. Quant à Delaby, son dessin est admiré de tous et sert admirablement cette époque torturée de cette Rome antique. Un coup de chapeau également à Jérémy Petiqueux pour ses couleurs qui confèrent à l’album une impression de chaleur. (Jean)

13/06/2007

Le ciel au-dessus de Bruxelles ....(après) : Auteurs : Bernar Yslaire Edition : Futuropolis

le ciel1ale ciel1le ciel2Je vous avais déjà fait part de toute mon admiration pour le premier tome paru en mars 2006 de ce diptyque magnifique de Bernar Yslaire. Je persiste et signe avec le deuxième volet paru en avril de cette année.

Tout est splendide. Tout d’abord, philosophiquement, ce Roméo et Juliette moderne est poignant de vérité mais alors et surtout d’atroces vérités, de celles qu’on vit malheureusement trop souvent au quotidien. La guerre, le terrorisme, le fanatisme religieux, la haine de l’autre, l’immoralité politique, tout cela contribue à dresser les tréteaux du grand théâtre de l’actualité spectacle. Se débarrasser des clichés et des a priori, se méfier des amalgames qui sont le terreau du racisme aveugle et non réfléchi, croire en l’homme et en ses valeurs, et surtout hurler son envie de paix et d’amour, voilà ce qui devrait occuper chaque instant de nos vies.

Ensuite, quelle démonstration de dessin même si certains, suspects peut être de pudibonderie, pourraient trouver choquant l’illustration très détaillée de l’acte sexuel entre nos deux protagonistes.
d'autre part, le mélange de bandes dessinées et de photos réelles issues, pour la plupart de véritables JT de l’époque, apporte une intensité au récit tout à fait saisissante.

Enfin, pour ces deux albums, la finition est encore une fois remarquable donnant à ces deux tomes un aspect presque précieux. Ce n’est jamais que la marque de fabrique de la maison Futuropolis. Chapeau ! (Jean)