25/11/2007

Natacha : Tome 20 : Atoll 66 : Auteurs : Walthéry & Di sano & d’Artet Edition : Marsu production

natachanatacha2Bruxelles, au terme d’une soirée de gala dans le quartier chic des ambassades, Natacha va accepter un petit colis que le majordome de la maison va lui confier. Il demande simplement à Natacha de remettre ce colis à son fils qui est cuisinier dans les îles chez un certain Horace Mouton.
Seulement voilà, le petit colis n’est pas nécessairement ce que l’on croit et le sieur Horace Mouton n’est peut être pas la personne fréquentable qu’on lui avait annoncé. Et puis, sur les îles Tia Tia, les habitants ne peuvent qu'être exotiques ! Natacha et son steewart préféré Walter vont l’apprendre à leurs dépens.

On connaît tous le caractère jovial et blagueur de François Walthéry. Dans chacun de ses albums, il s’amuse soit à croquer la tronche de certains de ses amis, soit à faire des allusions à son patois liégeois, soit enfin à placer ses héros de bande dessinée dans des situations qui sont autant de clins d’œil adressés aux gens qui le connaissent bien.
En bref, François Walthéry aime se faire plaisir avec et aux dépens de ses amis.Ce tome 20 de Natacha est en fait un recueil de multiples « Private joke » qui finissent très sincèrement par étouffer le fil même de l’histoire. La multiplication de ses clins d’œil à moitié cachés frise parfois même le ridicule. Ainsi, quand Walthéry donne à un officier de la police locale, les traits de Gaston Lagaffe, on se demande vraiment si on ne rêve pas !

L’éditeur devrait peut être pousser la blague jusqu’au bout et mettre, à la fin de l’album, un lexique exhaustif de tous ces clins d’yeux qui permettrait ainsi une relecture de l’album.

J’espère que Monsieur le Comte Guy d’Artet de Neufmoustier me pardonnera mais force est de reconnaître que son scénario n’est pas particulièrement original non plus. Enfin, Walthéry aura été sympa avec lui et sera toujours son pote !

J’invite enfin les lecteurs à bien regarder la couverture de ce tome 20, puis à tourner l’album et voir la couverture B, qui reprend toutes les couvertures des aventures précédentes de notre hôtesse de l’air préférée. Vous conviendrez avec moi que la couverture est pour le moins bâclée avec un dessin de Natacha assez surprenant.

En résumé, Walthéry nous avait habitué à bien d’autres jolies choses que cet « Atoll 66 ».(Jean)

19:57 Écrit par Jean dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : hotesse de l air, steward, bardaf |  Facebook |

Commentaires

Atoll 66 Bien cher Monsieur,
Ci-dessous en avant première, je vous copie un extrait de mon blog qui sera mis en page demain soir 27/11/07. Merci de votre intérêt pour Natacha. C'est toujours le lecteur qui est roi et je suis désolé de votre déception. Peut-être à la lecture de ce qui suit relirez-vous le scénario et verrez-vous l'histoire autrement. Bien amicalement.

Chapitre 2.- Choix de l’histoire, les ingrédients.

Souvent Natacha vit une aventure dans les îles. Afin que François Walthéry me retienne, je devais le surprendre, l’intéresser et surtout … l’amuser.

Il lui est impossible de dessiner une aventure s’il n’est pas partie prenante de l’histoire. Il doit voyager dans l’île comme s’il y était.

Aussi je l’ai mis dans des positions quasi impossibles. (planche 14, case 4) « François est installé sur le moyeu avant droit, si la moto tourne à gauche on aura une image penchée et une large vue des arbres et du ciel. S’il tourne à droite nous aurons d’avantage d’asphalte ou de graviers. »

Il a rit mais a modifié la prise de vue jugeant « la position trop inconfortable ».

Nous avons encore bien rit lorsque Bruno Di Sano, devant dessiner le décor, dont la moto, s’exclama : « Ben quoi je dois te dessiner sur cette moto ? »


Cette aventure « exotique » possède deux niveaux de lecture.

2.1 - Pour les enfants une histoire qui nécessite un peu de réflexion.

- Pourquoi un satellite en difficulté ? (Planche 1, case 7)
o Réponse (Planche 9, case 1)
- Pourquoi introduire du vaudou ? (Planche 7, case 1)
o Réponse (Planche 28, case 1)

2.2 - Pour les adultes une histoire plus complexe qui se décompose comme suit :


2.3 - Les petits gags inventés par François et les références de François aussi réservées à ses fans et aux fanatiques de la BD, aux confrères et aux journalistes.


2.4 - Les ingrédients



2.2 - Structure de l’histoire pour adulte.

2.2.1 - Technique.

Le scénario remis à François Walthéry en 1985 fut construit en 4 chapitres de 11 planches avec trois zones de repos pour le lecteur. L’ambiance du chapitre suivant devant être de plus en plus forte et l’histoire devant terminer par une explosion.

Je voulais que le lecteur pense à Natacha à la lecture de toutes les cases.

Le premier moyen employé fut le kidnapping. Si un être cher est kidnappé, (Ingrid de Betancourt), on pensera obligatoirement à lui tous les jours. Mais si elle est en vacances on n’y pensera de temps en temps. Et pourtant dans l’un et l’autre cas la personne chérie sera absente.

Le second moyen fut la « blessure » suite à une absorption partielle d’une drogue destinée à transformer un être humain en zombie. En théorie la personne doit mourir pour être ressuscitée et devenir la « servante » du sorcier vaudou.

François Walthéry ne désire absolument pas qu’il y ait du sang et je ne pouvais pas parler de mort. Les ingrédients (Planche 7, case 1) sont corrects.


2.2.2 - L’histoire proprement dite.

Je suis parti de la théorie de l’effet papillon : Un battement d'aile de papillon à Paris peut provoquer quelques semaines plus tard une tempête sur New-York. Cette image décrit l'effet papillon tel qu'il a été mis en évidence par le météorologue Edward Lorenz.

Il a découvert que dans les systèmes météorologiques, une infime variation d'un élément peut s'amplifier progressivement, jusqu'à provoquer des changements énormes au bout d'un certain temps.

Adapté à Atoll 66 cela devient une gigantesque farce axée sur un double quiproquo, bref c’est du théâtre de plein air.


Quiproquo n° 1 : Le comte de Froidbermont téléphone à son ami Horace Mouton, il lui envoie son héroïne (son amie, une héroïne de BD - planche 2, case 5).

La communication téléphonique est interceptée par deux « olibrius » qui ne sont pas foncièrement très méchants. C’est François Walthéry qui a eu le génie de choisir Ronald David Wood et Keith Richards.

Ce n’est indiqué nulle part mais nous savons que Natacha est une héroïne. Si je retranscrivais la communication il n’y avait plus d’histoire. D’où j’ai créé le quiproquo n° 2 du chien policier.


Quiproquo n° 2 : Le majordome n’a pas le temps ? Il emballe les lunettes dans un sachet de nourriture pour chien, c’est solide, et le ficelle rapidement pour le transport.

A Tiha-Tiha le chien renifleur a faim et le sachet a pris l'odeur de l'aliment. Quand il renifle le colis le policier croit qu’il y a de la drogue (Planche 12, case 2). Je n’ai pas prévu un zoom sur le sachet car cela aurait dévoilé au lecteur le quiproquo donc je montre que le chien n’est pas fiable en le faisant heurter une porte vitrée quelques cases plus loin. (Planche 12, case 7)

Ainsi une paire de lunettes et un chien incompétent, ou qui a faim, entraînent des conséquences impressionnantes. C’est ça l’effet papillon. Mais pour que cela marche il fallait qu’il y ait des « mauvais » afin qu’ils aient des réactions différentes des « bons ».


2.3 - Les gags.

Lorsque François a vu que j’insérais des gags dans mon scénario (Planche 1, cases 8 à 10) il m’a demandé de lui laisser ce plaisir.

Par contre l’idée d’inclure un peu de poésie, Victor Hugo et Léopold Sédar Senghor est de moi. J’admire le premier et j’ai trouvé que cette strophe du second convenait bien à mon histoire, c’était une touche faiblement « érotique ».

Avez-vous remarqué l’hommage de François à Maurice Tillieux à la planche 15, case 6 ?

Écrit par : d'Artet Guy | 26/11/2007

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