23/06/2007

Long John Silver : T1 : Lady Vivian Hastings Auteurs : Xavier Dorison & Mathieu Lauffray Edition : Dargaud

long john1long john2A la fin du roman « l’île au trésor », R.L.Stevenson signale avoir perdu la trace de Silver, ce formidable marin à la jambe de bois. Il fallait donc une suite ayant pour héros ce fameux Long John Silver. C’est bien de cela que va nous entretenir cette nouvelle série du duo de choc Dorison et Lauffray.

Tout commence en 1785, aux confins du fleuve Amazone, Lord Byron Hastings, harassé et épuisé, va enfin découvrir la cité de Guyanacapac dont les richesses dépassent tout entendement. A l’autre bout du monde, son épouse volage, Lady Vivian Hastings, mène une vie pour le moins légère, prétextant que, depuis le temps, son tendre époux a du passer de vie à trépas. Son ventre légèrement rebondi atteste de ses égarements libidineux.
Jusqu’au jour où Edward, le propre frère de Byron déboule en compagnie de l’indien Moxtechica dans la demeure des Hastings. Il se présente comme mandataire plénipotentiaire de Lord Byron Hastings avec la mission précise de réunir 100.000 livres en vendant tous ses biens : meubles, titres, terres et manoir. Vivian, quant à elle, sera confiée au couvent Saint-William. Mais c’est sans compter sur le caractère fort de la dame qui n’a pas du tout envie de se voir dépouillée de l’or de la cité indienne. Elle va donc s’imposer sur le navire de l’aventure et également à son équipage mais non sans l’aide d’un fameux marin à la jambe de bois, prêt à tout pour de l’or.
Silver va composer un équipage à sa mode et quoique taraudé par les fièvres d’une vilaine malaria, il permettra au Neptune de fendre les flots à la conquête de l’or de Guyanacapac.

Assurément, l’album du mois. Un dessin brillantissime de Lauffray, une palette de couleurs majestueuse et un scénario qui donne envie, que demander de mieux ? On a hâte de connaître la suite de cette épopée qui s’annonce comme palpitante. (Jean)

22/06/2007

Le camp-volant : Auteurs : René Hausman Edition : DUPUIS

camp volant1camp volant2Tout commence avec les noces improbables de Firmin Pissecrosse avec la Ghislaine. Tout cela sent la poussière et la ruralité bestiale. Le camp-volant, lui, se plait au milieu des ces gens et de leurs mœurs un peu brut de décoffrage.
Il connaît les secrets de la nature et devient le guérisseur des plaies mais aussi des âmes.
Ghislaine va accoucher de son premier fils et va être heureusement aidée par Philomène, qui jouera un peu les sages-femmes. Ghislaine aimera se réfugier au pied de « son » arbre avec son petit dans les bras jusqu’au jour, ou plutôt jusqu’à cette nuit où « ils » vinrent échanger l’héritier des Pissecrosse contre un petit vilain venu de l’autre monde. Ghislaine va s’enfuir avec son nouveau petit mais de désespoir, se jeta dans le vide du haut de « son » arbre. Heureusement Philomène va toujours être sera encore là pour subvenir au petit vilain. Le camp-volant lui continue à aider les paysans grâce à sa connaissance des bois, de ses animaux et de la nature. Marginal, benêt, sorcier, fou, rêveur, envoûté ; peut être mais étrange et profondément gentil et bon, sûrement.

Pas très loin du circuit de Francorchamps, dans une maison enchâssée dans la campagne brumeuse d’un matin froid d’hiver blanc, la pièce était grande et entièrement dominée par un fouillis indescriptible de pinceaux, de crayons, de toiles, de tubes de couleur et de revues en tout genre.
La double fenêtre était grande ouverte, donnant sur un petit balcon duquel on pouvait plonger dans le vert des épines des sapins environnants. L’air était froid au point de pouvoir voir notre respiration.
Pourtant, il évoluait sans gêne au milieu de ce décor, vêtu d’un pantalon sans forme et d’un gros pull gris-brun sur lequel il avait enfilé un gilet foncé dépassant à peine de la cascade de poils qui déferlaient de son menton. Tout n’était que rondeur et sourire et quand sa main droite avala la mienne en me disant bonjour, j’ai tout de suite eu beaucoup plus chaud de l’intérieur.

C’est ainsi que j’ai rencontré René Hausman pour la première fois. C’est dans son atelier d’artiste peintre et d’illustrateur magique, qu’il m’a appris comment frotter une pomme de terre coupée en deux afin de donner un lustre particulier au tableau qu’il venait de peindre.

René Hausman est un immense artiste mais il est également la gentillesse faite homme. C’est un amoureux de sa région et de ses légendes, un vrai titulaire de la mémoire des arbres et de la terre. Il partage en cela cette passion avec un autre vrai de vrai qu’est Jean-Claude Servais mais pour une autre contrée.
On ne peut pas rester indifférent au dessin d’Hausman. On aime ou on n’aime pas. La plus grande difficulté réside probablement dans le graphisme des visages et leurs proportions par rapport au reste du corps. Ainsi le dessin de la petite fille montre une tête qui a les mêmes proportions que l’ensemble de son corps. Qui plus est, tous les visages sont assez « gargouille » et il lui est très difficile de dessiner un visage harmonieux et séduisant.
Néanmoins, je reste un adepte farouche du talent de ce génie trop méconnu à mon goût. (Jean)

07:35 Écrit par Jean dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : foret, verviers, ardennes, refuge, calvo, rabier, elfes |  Facebook |

16/06/2007

Murena : chapitre sixième : le sang des bêtes : Auteurs : Dufaux – Delaby Edition : Dargaud

murenamurena2Deuxième tome du nouveau cycle de Murena, « le sang des bêtes » est un album charnière de cette saga. En effet, Lucius Murena va basculer dans le coté sombre. De héros, il va devenir un homme. Il va craquer et va tuer une femme, une simple esclave dit-il dénommée Arsilia. Cependant, Arsilia appartenait à Poppée, l’épouse de l’empereur. En la poignardant, Lucius Murena déclare la guerre à Néron et donc à Rome. Pour la première fois dans sa vie de patricien, Lucius Murena dissocie la ville de son tyran. Pire, il la quitte pour partir en Gaule. En compagnie du fidèle Balba qui croit avoir définitivement éliminé son pire ennemi, en la personne de Massam, et d’Evix qui, au sens propre comme au figuré, porte un masque, il n’a qu’une idée en tête, retrouver l’amour de sa vie : la belle Acté.

Jean Dufaux nous emmène visiter la Rome antique en nous faisant découvrir les mœurs de l’époque au travers les tréfonds de l’âme humaine. Amour, passion, soif de pouvoir ou de vengeance, libertinage sexuel, folie humaine sont autant d’ingrédients qui conditionnent les différents acteurs en place. La situation a-t-elle réellement tant changé de nos jours ? Les intrigues actuelles sont-elles vraiment moins sordides qu’à cette époque ? Les dictateurs modernes sont-ils réellement moins cruels qu’au temps de la Rome de Néron ? Force est de reconnaître que l’homme reste toujours un loup pour l’homme, d’une cruauté qui n’a aucun égal dans toute la création !

Dufaux est un des plus grands scénaristes de BD de tous les temps. C’est un maître en la matière, mettant chaque fois en scène les turpitudes des hommes et des femmes de tous les temps. Cela ne l’empêche pas de vouloir être didactique et de partager ses connaissances. Quant à Delaby, son dessin est admiré de tous et sert admirablement cette époque torturée de cette Rome antique. Un coup de chapeau également à Jérémy Petiqueux pour ses couleurs qui confèrent à l’album une impression de chaleur. (Jean)

13/06/2007

Le ciel au-dessus de Bruxelles ....(après) : Auteurs : Bernar Yslaire Edition : Futuropolis

le ciel1ale ciel1le ciel2Je vous avais déjà fait part de toute mon admiration pour le premier tome paru en mars 2006 de ce diptyque magnifique de Bernar Yslaire. Je persiste et signe avec le deuxième volet paru en avril de cette année.

Tout est splendide. Tout d’abord, philosophiquement, ce Roméo et Juliette moderne est poignant de vérité mais alors et surtout d’atroces vérités, de celles qu’on vit malheureusement trop souvent au quotidien. La guerre, le terrorisme, le fanatisme religieux, la haine de l’autre, l’immoralité politique, tout cela contribue à dresser les tréteaux du grand théâtre de l’actualité spectacle. Se débarrasser des clichés et des a priori, se méfier des amalgames qui sont le terreau du racisme aveugle et non réfléchi, croire en l’homme et en ses valeurs, et surtout hurler son envie de paix et d’amour, voilà ce qui devrait occuper chaque instant de nos vies.

Ensuite, quelle démonstration de dessin même si certains, suspects peut être de pudibonderie, pourraient trouver choquant l’illustration très détaillée de l’acte sexuel entre nos deux protagonistes.
d'autre part, le mélange de bandes dessinées et de photos réelles issues, pour la plupart de véritables JT de l’époque, apporte une intensité au récit tout à fait saisissante.

Enfin, pour ces deux albums, la finition est encore une fois remarquable donnant à ces deux tomes un aspect presque précieux. Ce n’est jamais que la marque de fabrique de la maison Futuropolis. Chapeau ! (Jean)

12/06/2007

Le complexe du chimpanzé : T1 : Paradoxe: Auteurs : Marazano & Ponzio Edition : DARGAUD

complexecomplexe2Février 2035, quelque chose vient de tomber du ciel dans le canal du Mozambique. La cinquième flotte de retour de mission en Indonésie est très rapidement sur les lieux et récupère l’engin. Il s’agit d’une capsule spatiale visiblement d’un autre temps et qui est occupée par deux astronautes.
Le problème c’est que ces deux hommes prétendent être Neil Armstrong et Buzz Aldrin, les deux hommes qui avaient quitté la terre en 1969 et qui avaient été les premiers à marcher sur la lune. Leur module spatial semble lui aussi d’époque et les numéros de chaque pièce correspondent bien à ceux qui composaient le module de la mission Apollo 11. Cette histoire pour le moins étrange devient rapidement « secret d’état » et c’est pour essayer de comprendre les faits que la NASA va envoyer Hélène Freeman, sa meilleure astronaute. Celle ci n’a qu’un rêve, c’est de partir à la conquête de Mars. Arrivera t’elle à élucider le mystère du jour malgré la tristesse et la désapprobation de sa petite fille Sofia ?

Basé sur un scénario passionnant et très original prenant le lecteur perpétuellement à contre pied, cette histoire se lit presque sans respirer. Une seule frustration, c’est de ne pas encore avoir le tome 2 et 3 en mains.

Les dessins de Marvano sont magnifiques. Certaines cases sont de véritables petits tableaux avec un soin particulier pour certains dessins de visages et d’attitude humaine. On sent bien néanmoins que le garçon reste passionné d’engins volants mais il a su faire la part belle dans cette histoire aux émotions des personnages.

En résumé, une trilogie douloureuse pour le moment puisque nous n’avons à notre disposition que le premier tome ! (Jean)

07/06/2007

Natacha : Intégrale, tome 1 : Panique à bord Auteurs : Walthéry + Gos & Borgers & Wasterlain Edition : DUPUIS

Natachanatacha2natacha waltherynatacha walthery2natacha dédicaceDans la série des intégrales de chez Dupuis, voici le premier tome de celle de Natacha et de son papa chéri, le grand Walthéry. Grand plus par le talent que par la taille réelle, François Walthéry allait être un des premiers à débrider la bande dessinée asexuée des débuts. Il a simplement porté au premier plan, c’est à dire au plan du héros principal, une jeune femme avec des formes et un comportement féminin pleinement assumé.

On connaît le succès quasi immédiat de la série et il est très heureux que la maison Dupuis en honore les albums en les rééditant sous cette forme d’intégrale. En plus des histoires classiques des albums, on y retrouve pas mal d’anecdotes qui replace mieux la série dans le contexte de l’époque.Le personnage de Natacha est certes intéressant mais son père spirituel l’est peut être plus. Pour information, je vous livre ici également la monographie réalisée par Jean Jour en 1981 sur Monsieur François Walthéry. Elle avait d’ailleurs, à l’époque, fait l’objet de tirage de tête à 300 exemplaires avec un dessin et une dédicace assez sympa.

Je suis un grand fan des intégrales Dupuis car elles permettent aux jeunes de plonger dans les racines mêmes de la bande dessinée franco-belge. (Jean)