22/06/2007

Le camp-volant : Auteurs : René Hausman Edition : DUPUIS

camp volant1camp volant2Tout commence avec les noces improbables de Firmin Pissecrosse avec la Ghislaine. Tout cela sent la poussière et la ruralité bestiale. Le camp-volant, lui, se plait au milieu des ces gens et de leurs mœurs un peu brut de décoffrage.
Il connaît les secrets de la nature et devient le guérisseur des plaies mais aussi des âmes.
Ghislaine va accoucher de son premier fils et va être heureusement aidée par Philomène, qui jouera un peu les sages-femmes. Ghislaine aimera se réfugier au pied de « son » arbre avec son petit dans les bras jusqu’au jour, ou plutôt jusqu’à cette nuit où « ils » vinrent échanger l’héritier des Pissecrosse contre un petit vilain venu de l’autre monde. Ghislaine va s’enfuir avec son nouveau petit mais de désespoir, se jeta dans le vide du haut de « son » arbre. Heureusement Philomène va toujours être sera encore là pour subvenir au petit vilain. Le camp-volant lui continue à aider les paysans grâce à sa connaissance des bois, de ses animaux et de la nature. Marginal, benêt, sorcier, fou, rêveur, envoûté ; peut être mais étrange et profondément gentil et bon, sûrement.

Pas très loin du circuit de Francorchamps, dans une maison enchâssée dans la campagne brumeuse d’un matin froid d’hiver blanc, la pièce était grande et entièrement dominée par un fouillis indescriptible de pinceaux, de crayons, de toiles, de tubes de couleur et de revues en tout genre.
La double fenêtre était grande ouverte, donnant sur un petit balcon duquel on pouvait plonger dans le vert des épines des sapins environnants. L’air était froid au point de pouvoir voir notre respiration.
Pourtant, il évoluait sans gêne au milieu de ce décor, vêtu d’un pantalon sans forme et d’un gros pull gris-brun sur lequel il avait enfilé un gilet foncé dépassant à peine de la cascade de poils qui déferlaient de son menton. Tout n’était que rondeur et sourire et quand sa main droite avala la mienne en me disant bonjour, j’ai tout de suite eu beaucoup plus chaud de l’intérieur.

C’est ainsi que j’ai rencontré René Hausman pour la première fois. C’est dans son atelier d’artiste peintre et d’illustrateur magique, qu’il m’a appris comment frotter une pomme de terre coupée en deux afin de donner un lustre particulier au tableau qu’il venait de peindre.

René Hausman est un immense artiste mais il est également la gentillesse faite homme. C’est un amoureux de sa région et de ses légendes, un vrai titulaire de la mémoire des arbres et de la terre. Il partage en cela cette passion avec un autre vrai de vrai qu’est Jean-Claude Servais mais pour une autre contrée.
On ne peut pas rester indifférent au dessin d’Hausman. On aime ou on n’aime pas. La plus grande difficulté réside probablement dans le graphisme des visages et leurs proportions par rapport au reste du corps. Ainsi le dessin de la petite fille montre une tête qui a les mêmes proportions que l’ensemble de son corps. Qui plus est, tous les visages sont assez « gargouille » et il lui est très difficile de dessiner un visage harmonieux et séduisant.
Néanmoins, je reste un adepte farouche du talent de ce génie trop méconnu à mon goût. (Jean)

07:35 Écrit par Jean dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : foret, verviers, ardennes, refuge, calvo, rabier, elfes |  Facebook |

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